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Vue panoramique des Nations Unies, de la East River
et de New York |
Section 3
Comment pouvons-nous assurer le succès
de la Convention de l’ONU sur l’incapacité?
À la fin de la section 3,
vous devriez
- Comprendre ce qu’est un « État
partie »
- Comprendre comment un pays peut devenir État
partie à une convention
- Comprendre ce que veut dire « l’entrée
en vigueur » d’une convention
- Comprendre ce qu’est la « ratification »,
pourquoi c’est important, et comment cela se
produit
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Que doit-il se passer pour que la Convention soit un
succès ?
Lorsque les négociations sur la Convention seront
terminées et que le texte final de la Convention sera
adopté par
les Nations Unies, deux choses doivent
se produire pour faire de la Convention un succès :
Étape 1 – Signature et ratification:
les pays doivent signer et ratifier la Convention. Lorsqu’un
pays passe cette étape, il devient un État
partie à la Convention. (Nous discuterons
plus en détail de ce qu’est la "ratification"
dans un moment.)
Si un pays a choisi de ne pas devenir un État partie à la
Convention, il n’est pas juridiquement contraint de remplir
les obligations précisées dans la Convention.
Gardant ceci à l’esprit, nous voulons que le plus
de pays possible deviennent États parties de façon à ce
que le plus grand nombre possible de personnes ayant des incapacités,
dans le plus grand nombre possible de pays, puisse bénéficier
des dispositions de la Convention sur l’incapacité!
Étape 2 - “Entrée
en vigueur” -
s’assurer qu’un nombre suffisant de pays « signe ».
Il est bon de noter toutefois que même si un pays devient État partie,
il ne sera pas tenu de se conformer aux dispositions détaillées
de la Convention à moins que la Convention ne soit entrée
en vigueur. Habituellement, une convention relative aux droits de la personne
spécifie le nombre de pays qui doivent devenir États partie avant
que la Convention ne soit activée. En droit international, cette "activation"
est connue sous le vocable entrée
en vigueur.
Lorsqu’une convention entre en vigueur, tous les États
parties doivent remplir les obligations juridiques contenues
dans la convention. Nous ne connaissons pas encore le nombre
de pays qui devront devenir États parties pour que
la Convention sur l’incapacité entre en vigueur,
mais on compte habituellement 20 pays dans les autres conventions
relatives aux droits de la personne. Nous devons considérer
ce nombre comme étant un minimum et garder à l’esprit
que, idéalement, nous aimerions que tous les États
membres de l’ONU deviennent États parties à la
Convention.
- Une nouvelle loi internationale – Et maintenant?
Lorsqu’il y aura un nombre suffisant d’États
parties à la Convention et lorsque la Convention sera
entrée en vigueur, la prochaine étape sera la mise
en oeuvre de la Convention. La mise en œuvre implique
que les États parties prennent toutes les mesures nécessaires
pour remplir leurs obligations juridiques telles que définies
par la Convention. Pour certains pays, cela représentera
beaucoup de travail alors que, pour d’autres, le travail
est déjà fait en partie.
Dans tous les pays, cependant, une mise en œuvre
réussie demandera du temps ainsi qu’une collaboration étroite
entre le gouvernement et le milieu associatif des personnes
ayant des incapacités. Une mise en œuvre réussie
implique également un suivi rigoureux, autant
au niveau national qu’international. C’est ce
suivi qui nous permettra de voir quels progrès ont
faits les États parties dans la mise en oeuvre de
la Convention, et de juger si certains États parties
violent les droits des personnes ayant des incapacités
tels que décrits dans la Convention.
Bien que la mise en œuvre soit un enjeu très
important, et qui demandera un travail acharné au cours
des prochaines années, amener les pays à signer
et à ratifier la Convention est une première étape
essentielle pour permettre l’entrée en vigueur
de la Convention. C’est pour cela que cette trousse se
concentre sur la ratification et sur ce que nous pouvons faire
pour amener le plus grand nombre de pays possible à devenir États
parties le plus rapidement possible!

Des représentant(e)s d’ONG participant aux négociations
du comité ad hoc
Qu’est-ce que la « ratification » et
pourquoi est-ce si important?
Comme nous l’avons déjà dit, nous voulons
que le plus de pays possible deviennent États parties à la
Convention sur l’incapacité. Nous allons maintenant
examiner comment cela se passe pour un pays. Plusieurs personnes
croient que la façon dont un pays devient État
partie à une convention est simplement de la signer.
Cependant, signer une convention ne fait pas d’un
pays un État partie – signer fait simplement d’un
pays un “signataire” de
cette convention. Être un signataire signifie que le
pays indique qu’il
est d’accord avec l’idée principale de la convention et qu’il
est intéressé à devenir un État partie dans le futur. Être
un signataire ne signifie pas que le pays est juridiquement contraint
de se conformer à toutes les dispositions spécifiques de la convention,
ce que doit faire un État partie.
Donc, que doit faire un pays pour passer de simple signataire à État
partie? La réponse, c’est qu’il doit “ratifier” la
convention. C’est pourquoi la ratification est
si importante.
C’est l’étape essentielle pour qu’un
pays devienne État partie et soit juridiquement contraint
de se conformer aux dispositions de la convention . Il
est bon de noter ici qu’il peut s’écouler
une période de temps importante entre le moment où un
pays signe une convention et le moment où il la ratifie.
Certains pays signent rapidement les conventions, mais prennent
ensuite des années avant de les ratifier – et,
durant ce temps, ils ne sont pas obligés de remplir
les obligations décrites dans ces conventions. D’autres
pays peuvent prendre moins de temps, d’autres encore
vont même signer et ratifier en même temps – nous
appelons cette deuxième approche “adhésion”et
nous disons que le pays a “adhéré” pour
devenir un État partie. Mais ne vous inquiétez
pas outre mesure de ces termes – la chose importante
dont il faut se rappeler c’est que nous avons besoin
que les pays signent et ratifient la Convention sur
l’incapacité. Les sections qui suivent examinent
ce qu’implique la ratification, et comment nous pouvons
nous impliquer pour convaincre nos gouvernements de signer et de
ratifier la Convention !
L’édifice du secrétariat de l’ONU à New
York
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Comment se produit la ratification?
La façon dont se produit la ratification dépend
en grande partie du pays impliqué, chacun des
pays ayant ses propres règles et procédures
pour la ratification des conventions. Habituellement,
le Parlement d’un pays, son Cabinet, son président
et/ou son premier ministre aura la responsabilité de
ratifier les conventions et, dans certains cas, ce sera
la responsabilité d’une combinaison de ces
acteurs. Aux États-Unis, par exemple, c’est
le président qui ratifie avec avis et consentement
du Sénat, ce qui veut dire que les deux ont
un rôle à jouer pour décider si oui
ou non les États-Unis deviendront État
partie à une convention. Dans l’encadré « Qui
décide ? », nous vous donnons
quelques exemples du processus de ratification dans d’autres
pays. |
QUI DÉCIDE?
- En Inde, le président a le pouvoir de ratifier
les conventions
- Au Mexique, le Sénat a le pouvoir de ratifier
les conventions
- Au Royaume-Uni, le Parlement n’est pas formellement
impliqué dans la conclusion des traités
mais, dans plusieurs cas, l’exécutif ratifie
après que le Parlement ait eu l’occasion
d’étudier la convention en question et
de donner son consentement . Dans de rares cas, on
peut même conduire un référendum
public avant la ratification.
- En Équateur, le Congrès a le pouvoir
de ratifier les conventions
- En Tanzanie, le Parlement a le pouvoir de ratifier
les conventions
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Donc, dépendant du pays, différents acteurs
ont différents rôles formels à jouer dans
la prise de décision sur la ratification. Dans chaque
pays, des règles procédurales différentes
sont appliquées en ce qui a trait à la façon
dont les conventions sont présentées pour ratification
et (si le Parlement ratifie) au nombre de votes requis pour
approuver la ratification. Avant d’entreprendre tout
processus de plaidoyer pour amener votre pays à ratifier
la Convention sur l’incapacité, vous devriez vous
renseigner pour savoir comment la ratification se passe
dans votre pays et qui est responsable de prendre les
décisions concernant la ratification des conventions!
En
plus de savoir qui sont les décideurs formels pour
le processus de ratification dans votre pays (comme le Parlement,
le président, etc.), vous devriez également connaître
les acteurs qui exercent une influence informelle sur
les décideurs.
Ainsi par exemple, dans un pays où le président
ou le premier ministre a le pouvoir officiel de décider
de la ratification d’une convention, il est très
utile de savoir qui d’autre exerce une influence informelle
sur les décisions du président ou du premier
ministre. Il peut s’agit d’un individu ou d’un
groupe d’individus, mais savoir qui sont ces personnes
peut être crucial pour assurer que vos efforts de plaidoyer
en faveur de la ratification viseront les bonnes personnes
et qu’ils seront efficaces.
Enfin, la dernière chose dont il faut être conscient,
est ce qui arrive immédiatement après qu’un
pays ait décidé de ratifier une convention. Habituellement,
le pays soumet un document (connu sous le nom d’ “instrument
de ratification”)
au secrétariat responsable de la convention – en ce qui concerne
la Convention sur l’incapacité, les pays soumettront probablement
leurs instruments
de ratification au Secrétaire général des Nations Unies.
L’instrument de ratification fait savoir aux autres pays qu’un pays
a officiellement décidé de devenir État partie à une
convention, et cela permet aux Nations Unies de savoir combien de pays, et quels
pays, deviennent des États parties.
Un pays peut, lors du dépôt de son instrument
de ratification, déposer certaines “réserves,
ententes et déclarations reservations",
connues sous l’acronyme “RED.”
Les RED peuvent être utilisées par les pays
pour se soustraire à certaines dispositions d’une
convention, ou pour décrire comment ces pays interprètent
le langage utilisé dans la convention. Une fois leur
instrument de ratification déposé, les pays
ne peuvent ajouter d’autres RED, mais ils peuvent laisser
tomber leurs RED plus tard, ce qui veut dire que les RED
ne durent pas nécessairement éternellement.
La façon dont on traite les RED peut être assez
compliquée, et nous n’entrerons pas dans les
détails ici. Il est seulement important de savoir
que votre pays peut décider de déposer des
RED lorsqu’il ratifie la Convention sur l’incapacité et,
si cela se produit, vous devriez chercher à savoir
ce que contiennent ces RED et comment elles peuvent affecter
les personnes ayant des incapacités dans votre pays.
Idéalement, nous espérons que les pays qui
voudront ratifier la Convention sur l’incapacité le
feront sans déposer de RED. Cependant, certains diront
qu’il est préférable qu’un pays
puisse utiliser les RED et devenir État partie à la
Convention sur l’incapacité, plutôt que
de choisir de ne pas devenir État partie.
RESSOURCES
Il pourrait vous être utile de savoir quelles sont les
autres conventions relatives aux droits de la personne qui
ont été signées
et ratifiées par votre pays (ou auxquelles il a adhéré).
Ce document du Bureau du Haut-Commissaire
aux droits de l’homme présente le statut de ratification de toutes
les conventions de l’ONU relatives aux droits de la personne en date de
mars 2006. (La première page du document explique comment le lire et ce
que signifient les différents acronymes.)
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